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J'ai des enfants

Comment aider son enfant financièrement ?

Soutenir ses enfants lors d'étapes importantes de la vie représente une préoccupation majeure pour de nombreux parents. Études, premier logement, création d'entreprise : les besoins financiers des jeunes adultes sont multiples. Mais il peut aussi s'agir d'un contexte économique défavorable, d'un accident de la vie... Plusieurs solutions existent pour les accompagner quand ils sont majeurs : don d'argent, prêt familial, pension alimentaire  ou donation. Chaque option présente des avantages fiscaux et juridiques spécifiques qu'il convient de maîtriser pour optimiser votre aide.

Peut-on donner de l'argent à ses enfants ?

Il est tout à fait autorisé d'aider financièrement un proche, un enfant ou un ascendant. Ce coup de pouce généreux ne doit cependant pas vous démunir.

Le don manuel ne nécessite pas d'acte notarié, il s'accomplit simplement par la remise matérielle du bien. Il est possible pour les : 

  • biens meubles comme les œuvres d'art (tableau, sculpture...), mobilier, bijou, voiture,
  • sommes d'argent en espèces, virement bancaire ou chèque,
  • titres immatériels c'est-à-dire les valeurs mobilières (obligations, actions).

Pour tous les autres biens, l'acte d'un notaire est nécessaire.

Concrètement, comment faire une donation à un enfant ?

Vous pouvez transmettre de votre vivant une partie de vos biens (appartement, maison, portefeuille de titres, etc.), une somme d'argent à une personne qui l'accepte ou encore procéder à l'achat d'un véhicule pour votre enfant.

Selon le bien donné ou le don d'argent, vous passerez ou non devant un notaire pour établir un acte de donation mais vous devrez toujours signaler la donation à l'administration fiscale.

Vous pouvez donner à un descendant (héritier réservataire) :

  • soit en avance sur sa part dans votre succession,
  • soit en utilisant la quotité disponible, c'est-à-dire hors part

Un bien peut être donné en pleine propriété ou en nue-propriété. Dans ce dernier cas, vous gardez l'usufruit c'est-à-dire le droit de récupérer les fruits / loyers jusqu'à votre décès. A ce moment-là, votre enfant récupérera l''entière propriété du bien sans autre formalité.

Même s'il n'est jamais recommandé d'avantager un enfant plus qu'un autre, certaines situations peuvent le justifier (maladie, handicap...). La quotité disponible peut bénéficier à n'importe qui, sans précision de lien.

Renseignez-vous auprès de votre notaire pour obtenir des conseils en fonction de votre famille et de votre patrimoine. Des droits de donation plus ou moins importants peuvent devoir être payés.

Quelle somme peut-on donner à ses enfants sans justificatif ?

Le plus souvent, si le don manuel est en adéquation avec votre niveau de vie, il n' y a pas de déclaration fiscale à prévoir car l'administration pourra le considérer comme un "présent d'usage". Vous pouvez donc donner sans fournir de justificatif.

Dans le cas contraire, et pour éviter les conflits familiaux, il est préférable de le déclarer. Le donataire, celui qui reçoit le don, doit ainsi faire une déclaration fiscale en ligne.

Les droits éventuellement à payer seront calculés en tenant compte d'un abattement selon votre lien de parenté. L'abattement est actuellement (il se reconstitue tous les 15 ans) de :

  • 100 000 euros pour chaque enfant,
  • 31 865 euros pour chaque petit-enfant.

Le don manuel est possible aussi (à défaut de descendant) à un(e) neveu ou nièce. avec un abattement de 31 865 euros.

Comment verser une pension alimentaire ?

La pension alimentaire est un acte volontaire (contrairement à l'obligation alimentaire) qui est souvent utilisée par des parents pour un jeune qui démarre dans la vie.

Mais elle est possible quel que soit l'âge du descendant. comme son nom l'indique, elle vise à l'aider dans les dépenses courantes du quotidien et particulièrement pour se nourrir, se loger et se soigner ou encore assurer ses frais de scolarité.

Si vous versez une pension alimentaire à l'un de vos enfants, que ce soit en une ou plusieurs fois, vous pourrez déduire cette somme de vos revenus imposables dans la limite d'un plafond. Pensez donc à bien indiquer les sommes versées dans votre déclaration d'impôt sur le revenu.

Jusqu'à quel âge doit-on verser une pension alimentaire à son enfant ?

L'obligation alimentaire envers un enfant ne connaît pas de limite d'âge. La majorité à 18 ans ne met donc pas automatiquement fin au versement de cette contribution.

Le critère déterminant reste l'autonomie financière de votre enfant majeur. Tant qu'il poursuit des études, recherche activement un emploi ou perçoit des revenus insuffisants, la pension demeure justifiée. Au-delà de 30 ans, sauf circonstances exceptionnelles comme des études particulièrement longues, l'enfant devrait avoir atteint son indépendance.

Chaque situation individuelle est bien sûr différente : un étudiant en médecine de 25 ans ou un jeune diplômé en recherche d'emploi peuvent légitimement continuer à bénéficier d'une pension alimentaire. L'important consiste à démontrer que l'enfant reste dans une situation financière insuffisant malgré ses efforts pour devenir autonome.

Comment déclarer une aide financière à un enfant majeur ?

Vous engagez des dépenses pour la scolarité de votre enfant majeur, sa nourriture, sa santé ou son loyer ?

Vous n'avez pas à le déclarer si l'enfant reste rattaché à vote foyer fiscal.

En revanche, s'il n'est plus rattaché à votre foyer fiscal, vous pouvez déduire de vos impôts jusqu'à 6 794 € par enfant en 2025.

  • L'enfant majeur, qui a son propre foyer fiscal, fait alors sa propre déclaration de revenus et déclarer cette somme dans la rubrique "pensions alimentaires reçues".
  • De votre côté, vous déclarez l'aide versée pour bénéficier de la déduction fiscale dans la rubrique "pensions alimentaires".

Conservez soigneusement tous les justificatifs de virement ou chèques : l'administration peut les réclamer lors d'un contrôle fiscal. En conséquence :  

  • Vous perdez la demi-part fiscale, ce qui peut augmenter votre impôt, 
  • Votre enfant peut bénéficier d'aides comme les APL sans impact sur vos allocations familiales.

Si votre enfant reste attaché à votre foyer fiscal, vous ne pouvez pas déclarer ni déduire de pension. Vous gardez la demi-part fiscale ce qui continue de réduire votre impôt.

Le choix dépend de votre tranche d'imposition, des revenus de votre enfant et du montant de l'aide apportée. Utilisez le simulateur sur impots.gouv.fr pour déterminer l'option la plus avantageuse pour vous.

Peut-on prêter de l'argent à ses enfants ?

Le prêt familial permet d'aider un enfant sans entraîner les conséquences d'une donation et sans déséquilibrer votre succession.

Si vous souhaitez prêter de l'argent à un proche, pensez donc à faire une reconnaissance de dette. Ce document écrit, non obligatoire, est fortement recommandé en cas de prêt familial, pour éviter les conflits familiaux ou pour récupérer l'argent en cas de décès.

Il permet, à la personne à qui vous prêtez de l'argent, de reconnaître qu'elle a une dette envers vous et qu'elle doit donc rembourser la dite somme. Des intérêts peuvent d'ailleurs être spécifiés. La reconnaissance de dette constitue aussi une garantie en cas de conflits futurs au sein de la famille et évite le risque de requalification en don d'argent ou donation. Attention, pour être valable, l'écrit doit au moins comporter :

  • Nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance des deux parties.
  • Le montant de la somme prêtée (en chiffres et en lettres).
  • La date à laquelle vous exigez le paiement de la dette.
  • La date et la signature du débiteur.

Il n'est pas nécessaire de faire appel à un notaire, le document peut être établi sous signature privée (comme un contrat). Gardez chacun une copie.

Peut-on se porter caution pour son enfant ?

Devenir caution constitue une alternative courante au prêt familial, notamment pour un logement étudiant ou un crédit immobilier. Cette générosité engage votre responsabilité financière : vous vous portez garant des dettes contractées par votre enfant majeur.

Contrairement au don ou au prêt, aucune sortie d'argent immédiate n'est requise. Votre engagement devient effectif uniquement si votre enfant ne peut honorer ses obligations. Par exemple, si votre fils étudiant ne paie plus son loyer, le propriétaire pourra exiger le règlement de votre part.

Deux types de cautionnement existent : simple ou solidaire. Avec la caution simple, le créancier doit d'abord poursuivre votre enfant avant de se retourner contre vous. La caution solidaire autorise le créancier à vous réclamer directement le paiement, sans démarche préalable auprès du débiteur principal.

Quels erreurs éviter quand on veut aider son enfant ?

Aider c'est bien mais cela ne doit pas vous mettre en difficultés, ni vous-même ni vos autres enfants. Combien de familles sont tristement déchirées à cause d'histoires d'argent... Voici une liste de bonnes pratiques :

  • évaluez bien votre propre situation financière avant d'agir,
  • poser des limites claires avec votre enfant aidé,
  • apporter une aide ponctuelle  et non un soutien permanent,
  • communiquez clairement au sein de votre famille, avec votre conjoint parent ou non de l'enfant aidé, et particulièrement avec ses frères et sœurs,
  • comprenez bien les règles fiscales et légales avant de choisir telle solution,
  • si vous vous portez caution, prenez le temps de mesure cet engagement,
  • évitez de décider à la place de votre enfant.

Attention : on peut légalement avantager un enfant plus qu'un autre en utilisant sa quotité disponible autrement dit, en donnant plus que sa part dans le futur héritage. Cette quotité est limitée par la réglementation ; elle dépend du nombre d'héritiers.

Questions fréquentes sur "Comment aider ses enfants financièrement ?"

Quelle somme peut-on déduire pour un enfant majeur ?

Pour un enfant majeur non rattaché à votre foyer fiscal, vous pouvez déduire jusqu'à 6 794 € par an (montant 2025) au titre de la pension alimentaire. Ce plafond est doublé à 13 588 € si votre enfant est marié, pacsé ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins. La déduction concerne les dépenses réelles et justifiées (nourriture, logement, frais de scolarité, etc.). Si votre enfant vit chez vous, vous pouvez déduire forfaitairement 4 039 € pour le logement et la nourriture, complétés par d'autres frais justifiés dans la limite du plafond global.

Peut-on déduire le loyer de son fils étudiant ?

Vous payez le loyer de votre enfant étudiant ? Si votre fils étudiant n'est pas rattaché à votre foyer fiscal, vous pouvez déduire son loyer dans le cadre d'une pension alimentaire, dans la limite annuelle de déduction. Dans le cas contraire, pas de déduction car vous bénéficiez déjà de la demie part fiscale supplémentaire. 

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