2 Min
6 Min
Entreprendre en couple
Le statut de conjoint salarié permet à votre conjoint de travailler dans votre entreprise dans le cadre d’un véritable contrat de travail. Comme les autres salariés :
Contrairement au conjoint collaborateur, il n'exerce pas de pouvoir de gestion de l'entreprise. Il accomplit uniquement les missions prévues par son contrat de travail dans le cadre de ses fonctions salariées.
Etre conjoint du chef d'entreprise ne donne pas automatiquement le pouvoir d'engager l'entreprise ou de prendre des décisions en son nom.
Si vous êtes chef d'entreprise, votre conjoint peut bénéficier de ce statut de conjoint salarié s'il/ elle :
Dans son contrat, pensez à bien préciser ses fonctions et ses horaires de travail.
Ce statut est ouvert aux conjoints de commerçants, artisans, professionnels libéraux et agriculteurs.
Si vous êtes micro-entrepreneur, votre conjoint ne peut pas opter pour le statut de conjoint salarié.
Votre conjoint ne peut pas être considéré comme salarié si son activité dans l'entreprise :
De même, la participation régulière n'est pas reconnue si votre conjoint exerce par ailleurs une activité salariée d'une durée au moins égale à la moitié de la durée légale du travail, ou une activité non salariée.
En tant que salarié de votre entreprise, votre conjoint doit percevoir une rémunération au moins égale au Smic, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein depuis le 1er juin 2026, adaptée à sa durée de travail en cas de temps partiel.
Comme pour vos autres salariés, vous devez établir des bulletins de salaire et payer les cotisations sociales correspondant à sa rémunération. Les cotisations sont calculées selon les mêmes taux que ceux applicables aux autres salariés.
Les rémunérations perçues par votre conjoint sont soumises à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.
Le salaire versé peut également, sous certaines conditions fiscales, constituer une charge déductible du résultat imposable de l'entreprise. Les règles de déduction dépendant de la situation de l'entreprise et du couple, il convient de vérifier les conditions applicables à votre situation.
Le conjoint salarié bénéficie d'une protection sociale complète liée à son statut de salarié. Il est affilié au régime général de la Sécurité sociale ou, pour une exploitation agricole, à la Mutualité sociale agricole (MSA). Cette affiliation à la Sécurité sociale lui ouvre les mêmes droits que n'importe quel autre salarié de votre entreprise.
Il bénéficie notamment d'une couverture en matière de :
C'est l'un des principaux intérêts de ce statut : le travail effectué dans l'entreprise permet à votre conjoint de se constituer des droits sociaux en son nom propre.
Attention une indemnisation chômage est possible si France Travail reconnaît la réalité du contrat de travail et le lien de subordination avec vous, en tant qu'employeur. Le simple fait de disposer d'un contrat ne garantit pas automatiquement cette indemnisation.
C'est à vous, en tant que chef d'entreprise, de déclarer le statut de votre conjoint. Vous pouvez le faire lors de la création de l'entreprise ou ultérieurement. La formalité s'effectue auprès du guichet unique des formalités des entreprises.
Votre conjoint doit également fournir une attestation sur l'honneur confirmant le choix de son statut. Il est ensuite inscrit au Registre national des entreprises (RNE).
À ces formalités liées à son statut s'ajoutent naturellement les démarches habituelles liées à l'embauche d'un salarié.
Choisir le statut de conjoint salarié représente un coût pour l’entreprise, mais permet à votre conjoint de percevoir son propre salaire et de bénéficier de la protection sociale liée au statut de salarié.
Pour votre entreprise, ce statut représente un engagement financier régulier. Vous devez vous assurer que votre trésorerie permet d'assumer durablement :
Le salaire perçu par votre conjoint est soumis à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.
De son côté, l’entreprise peut, sous certaines conditions, déduire cette rémunération de son résultat imposable. Les règles de déduction dépendent de la situation de l’entreprise et du couple.
Pour le budget du foyer, ce statut permet ainsi à votre conjoint de disposer d’une rémunération propre liée à son activité professionnelle.
Oui. Si la situation de votre conjoint ou celle de votre entreprise évolue, il est possible de changer de statut. La modification doit être déclarée par le chef d'entreprise via le guichet unique des formalités des entreprises et être accompagnée d'une attestation sur l'honneur du conjoint.
Deux autres statuts peuvent être envisagés lorsque votre conjoint participe à l'activité de votre entreprise :
Le choix dépend donc de la situation du couple, du rôle réellement exercé par votre conjoint dans l'entreprise et de la protection recherchée.
| Conjoint salarié | Conjoint collaborateur | Conjoint associé | |
| Rémunération | Salaire obligatoire, au moins égal au Smic | Pas de rémunération au titre de ce statut | Dividendes éventuels |
| Contrat de travail | Oui (CDD ou CDI) | Non | Non |
| Cotisations sociales | Calculées sur le salaire, mêmes taux que les autres salariés | Cotisations spécifiques, souvent réduites | Calculées sur le revenu professionnel |
| Assurance chômage | Possible sous conditions, appréciée par France Travail | Non | Non |
| Retraite | Régime général des salariés | Cotisations spécifiques au statut | Régime des indépendants |
| Durée du statut | Pas de durée maximale | Limité à 5 ans en règle générale | Pas de durée maximale |
Le statut de conjoint salarié peut notamment prendre fin en cas de démission, de licenciement, de rupture conventionnelle ou d'arrivée au terme du CDD. Comme pour tout salarié, la rupture du contrat de travail doit impérativement respecter les règles du droit du travail et reposer sur un motif valable.
En cas de séparation du couple ou de divorce, le contrat de travail n'est pas automatiquement rompu. La fin de l'union personnelle ne constitue pas en soi un motif de licenciement : le conjoint salarié conserve ses fonctions et sa rémunération, sauf si les deux parties conviennent d'une rupture conventionnelle ou si un motif légal justifie une séparation professionnelle. Par ailleurs, en cas de cessation d'activité de l'entreprise ou de départ définitif, le chef d'entreprise doit informer le guichet unique de cette modification de situation dans un délai de 2 mois.
Oui, le conjoint salarié peut travailler à temps partiel, sous réserve que cette durée soit prévue dans son contrat de travail. Sa rémunération doit respecter le Smic applicable proportionnellement à son temps de travail.
Oui, le conjoint salarié peut cumuler son emploi dans votre entreprise avec une autre activité, qu’elle soit salariée ou indépendante, sous réserve de respecter les règles applicables au cumul d’activités.
Tout dépend de la situation : le conjoint salarié est rémunéré et bénéficie du statut de salarié, tandis que le conjoint collaborateur n’est pas rémunéré et relève d’une protection sociale différente.
Son principal avantage est l'accès à une protection sociale complète, assurance chômage comprise. En contrepartie, l'entreprise doit verser un salaire au moins égal au Smic et payer des cotisations sociales patronales et salariales, ce qui représente un coût à anticiper par le chef d'entreprise.
La déclaration du statut de conjoint salarié s’effectue par le chef d’entreprise sur le guichet unique des formalités des entreprises, et non directement auprès de l’Urssaf. Le conjoint doit fournir une attestation sur l’honneur confirmant le choix de son statut.
0 document sélectionné