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Le choix de sa forme d'entreprise

L'Entrepreneur Individuel - EI

entrepreneur individuel

Vous avez envie de vous lancer en activité indépendante, mais vous hésitez encore sur le statut juridique ? Celui d'entrepreneur individuel (EI) est souvent choisi pour sa simplicité et sa souplesse. Il permet de démarrer et gérer une entreprise sans créer de société. Quelles sont les caractéristiques de ce statut ? Ses avantages et inconvénients ?

En bref sur l'entrepreneur individuel

  • Exercer en nom propre sans capital : l'EI permet de lancer une activité indépendante en son nom propre, sans obligation de constituer un capital social.
  • Protection automatique du patrimoine : depuis mai 2022, vos biens personnels sont protégés par défaut. Seul votre patrimoine professionnel peut être saisi par vos créanciers.
  • Fiscalité flexible (IR ou IS) : vos bénéfices sont imposés à l'impôt sur le revenu par défaut, mais vous pouvez opter pour l'impôt sur les sociétés. En outre, sous certains seuils de chiffres d’affaires (qui diffère suivant l’activité) vous pouvez exercer sous forme de microentrepreneur (qui est une forme d’EI).
  • Régime social des indépendants : vous cotisez à l'URSSAF en tant que travailleur non-salarié sur la base de vos revenus professionnels réels.
  • Gestion simplifiée via l'INPI : la création et le pilotage de votre activité s'effectuent entièrement en ligne sur le guichet unique du Registre national des entreprises (RNE) géré par l'INPI.

A quoi correspond le statut d'entrepreneur individuel et est-il adapté à mon projet ?

Définition et statut juridique

L’entrepreneur individuel exerce son activité en son nom propre. Juridiquement, vous et votre entreprise ne faites qu’un (clairement votre entreprise en EI ne possède pas de personnalité en propre).

Vous pouvez utiliser un nom commercial, mais officiellement, c’est votre identité qui est engagée.

Sous ce statut vous pouvez exercer une activité :

  • commerciale ;
  • artisanale ;
  • agricole ;
  • libérale.

Micro-entrepreneur et entrepreneur individuel : est-ce vraiment la même chose ?

C’est une confusion très fréquente. Ce qu'il faut retenir :

👉 tous les micro-entrepreneurs sont des entrepreneurs individuels ;
👉 mais tous les entrepreneurs individuels n'optent pas (ou n'en n'ont pas le droit) pour le régime de microentrepreneur.

En réalité, "micro-entrepreneur" est un régime simplifié du statut d'entrepreneur individuel avec des règles spécifiques en matière fiscale et sociale.

Micro-entrepreneur : simplicité maximale, mais cadre limité

Le régime micro est conçu pour aller à l’essentiel :

  • vos cotisations sociales sont calculées directement sur votre chiffre d’affaires ;
  • vous déclarez simplement ce que vous encaissez (mensuellement ou trimestriellement) ;
  • vous avez très peu d’obligations comptables (un livre des recettes suffit) ;
  • vous pouvez bénéficier d’une franchise de TVA sous certains seuils.

En contrepartie :

  • au-dessus d’un certain niveau de chiffre d’affaires (différent suivant l’activité), automatiquement vous ne bénéficierez plus du régime simplifié et vous êtes versé sous la forme classique d’EI;
  • vous ne déduisez pas vos charges réelles (elles sont estimées via un abattement forfaitaire).

C’est un régime souvent adapté pour tester une activité, démarrer en douceur ou exercer une activité complémentaire à celle de salarié ou retraité ou étudiant.

Entrepreneur individuel “classique” ou régime réel : plus de souplesse, mais plus de gestion

Hors régime micro, vous passez à un fonctionnement dit “réel” :

  • vos cotisations sont calculées sur votre bénéfice (et non sur le chiffre d’affaires) ;
  • vous pouvez déduire vos charges réelles (matériel, frais, déplacements, etc.) ;
  • il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires ;
  • votre activité peut se développer sans contrainte liée au régime.

En revanche :

  • la comptabilité est plus complète ;
  • les obligations administratives et fiscales sont plus importantes ;
  • vous avez souvent besoin d’un accompagnement (expert-comptable, par exemple).

Ce régime devient intéressant dès que vous avez des charges significatives ou une ambition de croissance.

Comment choisir entre le régime de micro-entrepreneur et le régime classique ?

Les questions à vous poser sont simples : Mon activité est-elle encore en phase de test ou déjà en phase de développement ? Quel est le niveau du chiffre d’affaires escompté pour mon activité ?

  • Si vous cherchez simplicité et rapidité → la micro-entreprise est souvent un excellent point de départ
  • Si vous avez des charges importantes ou une forte croissance prévue → le régime réel en entrepreneur individuel sera plus adapté

Dans tous les cas, vous restez entrepreneur individuel.

Dois-je prévoir un capital social pour lancer en tant qu'entrepreneur individuel ?

Non, et c’est l’un des grands atouts de ce statut.

Contrairement à une société (comme une EURL ou une SASU), il n’existe aucun capital social à constituer en entrepreneur individuel. Il n'est pas obligatoire d’apporter une somme d’argent au moment de la création.

Concrètement, cela signifie que vous pouvez démarrer votre activité avec les moyens dont vous disposez déjà : un ordinateur, quelques outils, ou même simplement votre savoir-faire.

Cette absence de capital rend le statut particulièrement accessible si vous souhaitez tester une activité, démarrer progressivement ou limiter les risques financiers au départ.

En revanche, cela peut parfois être perçu comme moins structurant par certains partenaires (banques, investisseurs), mais aussi des fournisseurs ou des clients, qui accordent plus facilement leur confiance à des sociétés disposant d’un capital. En outre dans de nombreuses activités, les fonds propres permettent de constituer un volant de trésorerie, de contribuer au financement d’un premier investissement

Comment devenir entrepreneur individuel simplement ?

Les démarches

Aujourd'hui, pour l’inscription au Registre national des entreprises, tout se fait en ligne via le guichet unique de l’INPI. La création est rapide et accessible. Concrètement, vous devez :

  • vous connecter (FranceConnect ou INPI Connect)
  • remplir un formulaire (identité, activité, choix fiscaux et sociaux)
  • déposer vos justificatifs (pièce d’identité, domiciliation, etc.)
  • vérifier, signer et valider votre dossier

Une fois envoyé, votre dossier est transmis aux organismes compétents. S’il est incomplet, vous serez invité à le corriger.

Les documents de l'EI

Une fois votre entreprise validée, vous recevez une confirmation d’immatriculation. Votre activité est alors enregistrée au Registre national des entreprises.

Pour les commerçants, l'immatriculation se fait également au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Pour les activités artisanales, l’entreprise est aussi immatriculée au Répertoire des métiers. Dans certains cas, l’immatriculation sera double (il y a aussi une immatriculation spécifique pour les agents commerciaux.

Vous obtenez un extrait K, (équivalent du KBIS pour les personnes physiques agissant pour des besoins professionnels), qui est la “carte d’identité” de votre entreprise. Il contient notamment vos numéros SIREN et SIRET, ainsi que les informations essentielles liées à votre activité.

Ce document est souvent demandé dans vos démarches administratives et commerciales. Vous pouvez le télécharger facilement en ligne et suivre l’avancement de votre dossier à tout moment depuis votre espace personnel.

A noter : Vos documents administratifs, commerciaux, bancaires, factures doivent contenir la mention EI.

Mon patrimoine est-il réellement protégé si mon activité rencontre des difficultés ?

C’est souvent l’une des premières inquiétudes quand on se lance en indépendant : “Est-ce que je risque de perdre mes biens personnels si mon activité ne fonctionne pas ?”

Depuis la réforme de 2022, le statut d’entrepreneur individuel offre une protection bien plus forte qu’auparavant. Désormais, votre patrimoine est automatiquement scindé en deux ensembles distincts :

  • d’un côté, votre patrimoine professionnel, qui regroupe tout ce qui sert à votre activité (matériel, comptes professionnels, stocks, créances clients, etc.)
  • de l’autre, votre patrimoine personnel, qui correspond à vos biens privés (épargne personnelle, voiture personnelle, résidence secondaire, etc.)

En principe, en cas de dettes liées à votre activité, les créanciers professionnels ne peuvent agir que sur les biens professionnels. Votre vie personnelle est donc protégée de manière automatique, sans démarche particulière à effectuer.

Attention toutefois, la séparation des patrimoines peut être remise en cause dans certains cas précis, notamment :

  • en cas de fraude, de manquements fiscaux graves ou de comportements frauduleux
  • en cas de dettes sociales importantes non régularisées
  • si vous avez renoncé volontairement à cette protection, par exemple dans le cadre d’un emprunt bancaire pour lequel une garantie personnelle peut être demandée (la renonciation est alors limitée en durée et en montant, proportionnés au prêt)

Puis-je embaucher des salariés ?

Contrairement à une idée reçue, vous pouvez tout à fait embaucher des salariés.  Si vous embauchez, vous devrez respecter toutes les obligations d'un employeur : établir des contrats de travail, déclarer les embauches auprès de l'URSSAF, payer les cotisations sociales sur les salaires versés et respecter le droit du travail (salaire minimum, sécurité au travail, etc.).

Votre conjoint peut également participer à votre activité. Selon son degré d'implication et votre organisation, il peut bénéficier de différents statuts : conjoint collaborateur (sans rémunération mais avec une protection sociale), conjoint salarié (avec un contrat de travail et une rémunération). Si vous passez du statut EI à celui de société, il peut être conjoint associé.

Le statut de conjoint collaborateur est valable pendant 5 ans maximum, après quoi il devra choisir entre le statut de salarié ou d'associé.

Quelle fiscalité, imposition s’applique à l’entrepreneur individuel ?

Par défaut, en tant qu'entrepreneur individuel, vous êtes imposé à l’impôt sur le revenu. Concrètement, les bénéfices de votre activité sont directement intégrés à votre déclaration personnelle. Selon votre métier, ils sont classés en différentes catégories (commerciale, libérale ou agricole). Vous pouvez relever d’un régime simplifié si votre activité reste modeste, ou d’un régime réel si elle se développe davantage, avec une comptabilité plus complète mais aussi la possibilité de déduire vos charges réelles.

Depuis 2022, vous avez aussi la possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS). Dans ce cas, votre entreprise est fiscalement traitée comme une société : vous pouvez vous verser une rémunération et éventuellement des dividendes. Ce choix peut être intéressant pour optimiser vos revenus ou réinvestir dans votre activité, mais il est engageant et non réversible.

Enfin, côté TVA, vous pouvez être exonéré au démarrage (franchise en base), puis devenir redevable lorsque votre activité grandit — ce qui implique de la facturer et de la déclarer.

Avantages et inconvénients de l'entrepreneur individuel

Les avantages de l'entrepeneur individuel

Etre entrepreneur individuel présente plusieurs atouts qui expliquent pourquoi elle reste le choix privilégié de nombreux créateurs :

  • Simplicité de création : pas besoin de rédiger des statuts ni de constituer un capital social minimum. Les formalités administratives sont réduites au strict minimum, ce qui vous permet de démarrer rapidement votre activité.
  • Bénéfice du régime de microentrepreneur : vous avez le statut d’EI mais avec des formalités fiscales et sociales simplifiées. Vous ne pouvez pas bénéficier de ce régime hors du statut d’EI (par exemple sous forme de société).
  • Gestion autonome et flexible : vous prenez toutes les décisions seul, sans avoir à organiser d'assemblée générale ni à consulter d'autres associés. Cette liberté de gestion vous permet de réagir rapidement aux opportunités.
  • Protection du patrimoine personnel depuis 2022 : depuis le 15 mai 2022, votre patrimoine personnel et votre patrimoine professionnel sont automatiquement séparés. En cas de difficultés financières, vos créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à votre activité professionnelle.
  • Comptabilité simplifiée : vos obligations comptables se limitent à la tenue d'un livre-journal et d'un grand livre. Si vous optez pour le régime de micro-entrepreneur, ces obligations sont encore plus allégées, sans dépôt de bilan complet à effectuer.
  • Possibilité de créer un fonds de commerce : vous pouvez constituer un fonds de commerce, élément d'actif qui facilite la transmission ou la vente de votre activité le moment venu.

Les inconvénients de l'entrepreneur individuel

Malgré ses nombreux avantages, l'entrepreneur individuel comporte aussi certaines limites qu'il convient d'anticiper :

  • Difficulté à attirer des investisseurs : vous ne pouvez pas vous associer ni ouvrir votre capital à des partenaires financiers. Cette impossibilité peut freiner le développement de votre entreprise si vous avez besoin de capitaux importants.
  • Responsabilité sur le patrimoine professionnel : même si votre patrimoine personnel est protégé depuis 2022, vos créanciers professionnels conservent un droit de gage sur l'ensemble de votre patrimoine professionnel. En cas de dettes fiscales ou sociales importantes, notamment en cas de manœuvres frauduleuses, ce droit peut s'étendre au patrimoine personnel.
  • Couverture sociale moins complète : en tant que travailleur indépendant, vous ne bénéficiez pas de l'assurance chômage gérée par France Travail, ni d'une protection contre les accidents du travail ou les maladies professionnelles dans le cadre du régime des indépendants.
  • Chiffre d'affaires plafonné en micro-entreprise : si vous choisissez le régime de la micro-entreprise, vous devez respecter des seuils de chiffre d'affaires qui peuvent limiter votre croissance.

Entrepreneur individuel ou société : que choisir ?

Pour vous aider à faire le bon choix, voici un tableau comparatif des principales caractéristiques de l'EI, de l'EURL et de la SASU :

CritèreEntrepreneur individuel (EI)EURLSASU
Nombre d'associés1 (entrepreneur individuel)1 (associé unique)1 (associé unique)
Capital minimumAucunLibre (1 € minimum)Libre (1 € minimum)
Régime fiscalIR par défaut ; option IS possibleIR ou IS au choixIS par défaut
Régime socialTravailleur non-salarié (TNS)TNS si gérant associé uniqueAssimilé-salarié
ResponsabilitéLimitée au patrimoine professionnel depuis 2022Limitée aux apportsLimitée aux apports
Formalités de créationSimplifiées (déclaration au guichet unique)Rédaction de statuts obligatoireRédaction de statuts obligatoire

Ce tableau vous permet de visualiser rapidement les différences essentielles. Si vous privilégiez la simplicité et souhaitez démarrer seul avec des coûts réduits, l'EI reste une excellente option. En revanche, si vous envisagez de faire entrer des investisseurs ou de bénéficier d'une protection sociale plus complète, l'EURL ou la SASU peuvent mieux correspondre à vos besoins.

Questions fréquentes sur l'entrepreneur individuel

Quelle différence entre micro et auto entrepreneur ?

Aucune différence entre micro et auto entrepreneur. "L'auto-entrepreneur” est simplement l’ancien nom du micro-entrepreneur, qui désigne aujourd’hui le même régime simplifié de l’entrepreneur individuel.

Comment se rémunère un entrepreneur individuel ?

En tant qu'entrepreneur individuel, vous ne recevez pas de salaire : votre revenu correspond à ce qu’il reste après vos charges. Vous pouvez vous verser de l’argent librement, selon votre activité et votre trésorerie. En cas d’option pour l’impôt sur les sociétés, vous pouvez vous rémunérer et éventuellement percevoir des dividendes.

Peut-on avoir plusieurs activités indépendantes sous le statut d'entrepreneur individuel ?

Non, une personne physique ne peut être qu'une seule fois entrepreneur individuel, même s'il a plusieurs activités. Le principe même de ce statut repose sur le fait que l'entrepreneur et l'entreprise ne forment qu'une seule et même entité juridique. Si vous souhaitez exercer plusieurs activités distinctes, vous pouvez les regrouper au sein de votre unique staut d'entrepreneur individuel en déclarant plusieurs établissements ou activités secondaires. En revanche, si vous avez besoin de structures juridiques séparées pour des raisons organisationnelles ou fiscales, il faudra envisager la création d'une ou plusieurs sociétés (EURL, SASU, etc.).

En complément de l'article "L'entrepreneur individuel"

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