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Les titres

Investir dans les ETF : mode d'emploi pour débutant

Vous souhaitez placer votre argent en Bourse sans devenir expert ni analyser chaque entreprise ? Investir dans les ETF représente une alternative simple aux actions individuelles et aux fonds classiques. On vous détaille leur fonctionnement, leurs avantages, leurs risques, comment les choisir et quelle fiscalité s'applique. Les ETF peuvent être très utiles pour investir à long terme.

Comprendre les ETF : définition et fonctionnement

Qu'est-ce qu'un ETF (tracker) ?

Un ETF, ou Exchange Traded Fund, est un fonds coté en Bourse qui copie un indice. Il regroupe un panier de valeurs mobilières (actions, obligations ou autres actifs) qui réplique fidèlement l'évolution d'un indice boursier, comme le CAC 40 ou le MSCI World par exemple.

On vous explique :

  • être coté en Bourse, ça signifie que l'ETF se négocie en continu comme une action ordinaire pendant les heures d'ouverture des marchés financiers (généralement de 9h à 17h30 en France), contrairement aux fonds traditionnels dont le prix n'est calculé qu'une fois par jour. Vous maîtrisez donc le prix auquel vous achetez ou vendez. 
  • Un indice boursier est comme un panier représentatif qui regroupe les actions de plusieurs entreprises selon des critères précis. Par exemple, le CAC 40 rassemble les 40 plus grandes entreprises françaises (Airbus, L'Oréal, LVMH...), tandis que le MSCI World contient environ 1 400 entreprises des pays développés du monde entier. L'indice calcule une moyenne pondérée de l'évolution de toutes ces actions : quand la majorité monte, l'indice progresse, et inversement.

Comment fonctionne un ETF au quotidien ?

L'ETF "copie" cet indice en achetant automatiquement les mêmes actions dans les mêmes proportions. Ainsi, quand vous achetez une part d'ETF CAC 40, vous détenez indirectement un petit morceau des 40 entreprises françaises les plus importantes, sans avoir à les acheter une par une. 

Pour répliquer l'indice, l'ETF utilise deux méthodes : 

  • la réplication physique, où il achète réellement les titres de l'indice dans les bonnes proportions, est privilégiée par les débutants
  • la réplication synthétique passe par des contrats d'échange (swaps) avec une contrepartie. 

On achète une part d'ETF comme on achète une action : en passant un ordre via un intermédiaire financier. La composition du fonds reflète celle de l'indice qu'il suit, vous offrant une diversification instantanée.

A savoir : on distingue ETF de distribution (D) qui verse un revenu, un dividende et ETF de capitalisation (C) qui ne verse pas dividende car les gains sont réinvestis automatiquement au sein du fonds.

Quels sont les avantages d'investir dans les ETF ?

Investir dans les ETF offre 3 atouts majeurs : 

  • diversification automatique : une seule part peut contenir des centaines d'entreprises. 
  • forte liquidité : vous achetez ou vendez facilement car les ETF se négocient en continu durant les heures d'ouverture de la Bourse. Gardez simplement à l'esprit qu'en période de forte volatilité, vos transactions peuvent être plus coûteuses..
  • frais de gestion réduits, en moyenne autour de 0,37 % par an contre souvent plus de 2 % pour les fonds traditionnels. Les ETF coûtent moins cher parce qu'ils se contentent de répliquer un indice existant, sans équipe d'analystes cherchant à battre le marché.

Attention toutefois aux frais cachés, certains établissements appliquent des droits de garde annuels pour les enveloppes PEA et compte titres par exemple.

En quoi les ETF sont-ils risqués ?

  • l'indice suivi baisse. Un ETF actions peut par exemple perdre 20–30 % (ou plus) en cas de crise ; il faut être prêt à accepter cette volatilité.
  • Les ETF synthétiques (à réplication par swap) présentent en plus un risque de contrepartie si l'institution partenaire fait défaut.
  • Si l'ETF est libellé en devise, vous supportez alors un risque de change sur cette devise.
  • Un autre risque est que l’évolution de l’ETF s’écarte de celle de son indice (on appelle cela le « tracking error »), la réplication d’un indice n’est pas toujours facile, surtout pour des indices comprenant un grand nombre de valeurs.

Avant tout investissement, consultez  la documentation légale de l’ETF (prospectus et Document d’Informations Clés).

⚠️Vous devez veiller à garder une bonne diversification. Trop d’ETF thématiques ou sectoriels rend votre portefeuille trop concentré. Des ETF trop spécifiques auront du mal à se revendre. Gardez des ETF larges.

⚠️Ne sous-estimez pas les frais et la fiscalité : selon le prix d'achat, les coûts (plateforme, banque ou courtier), avec un CTO très actif, la performance peut être "mangée" par les frais et par la flat tax. Surveillez l'écart entre la performance réelle de l'ETF et celle de son indice.

⚠️Ne changez pas de stratégie à chaque baisse : Vendre dans la panique puis racheter plus haut est la plus grosse source de pertes pour les particuliers.

Attention : vérifiez que l’ETF dispose bien de l’agrément de l’AMF (autorisé à la commercialisation en France) tout comme la société de gestion qui le propose. 

Quels critères pour choisir un ETF ?

💟Construire le cœur de son portefeuille d'ETF

Afin d'assurer une diversification maximale, un débutants choisira en priorité 1 ETF actions Monde ou ETF large, type MSCI World / ACWI, et éventuellement, en plus, 1 ETF émergent ou USA.

Pour choisir, examinez sur la fiche de l'ETF :

  • l'indice suivi : par exemple MSCI,Wolrd, Stoxx Europe 600...
  • l'encours du fonds pour éviter les ETF trop petits. Viser par exemple au moins 100 millions d'euros, c'est un gage de liquidité et de pérennité,
  • les frais annuels (TER) - de 0,05 % à 0,40 % par an — chaque point compte sur le long terme,
  • le mode de réplication : physique (l'ETF achète réellement les actions) ou synthétique (via swap) plus risqué. 
  • l'éligibilité au PEA si vous souhaitez optimiser la fiscalité,
  • la devise de cotation.

➕Les ETF satellites (en plus) : ETF thématiques, géographiques et classes d'actifs

Avec les ETF thématiques et sectoriels, un univers d'investissement plus large s'ouvre à vous. Vous pouvez choisir des trackers concentrés sur des tendances structurelles à fort potentiel : cybersécurité, IA, santé, énergie verte, défense ou immobilier. Certains investisseurs privilégient des critères ESG pour aligner leur portefeuille avec leurs valeurs.

Les ETF géographiques permettent d'investir sur une zone géographique spécifique comme les États-Unis, l'Asie ou les pays émergents. D'autres suivent des matières premières (or, pétrole) ou des nouvelles technologies.

Côté classes d'actifs, certains ETF exposent aux obligations, offrant un profil de risque différent. Ces ETF répliquent l'évolution d'indices obligataires d'États ou d'entreprises, réduisant la volatilité pour des horizons plus courts.

Vous pouvez aussi choisir des ETF ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et climat qui intègrent des critères durables ou s'alignent avec l'Accord de Paris.

Cette variété vous aide à construire un portefeuille selon vos objectifs d'épargne : croissance, revenus réguliers ou protection du capital, sans devenir expert de chaque marché.

🪭Diversifier son portefeuille avec plusieurs ETF

Une fois votre base constituée, vous pouvez ajouter d'autres ETF et les combiner, par exemple, allouer 70 % sur un ETF monde, 20 % sur un ETF marchés émergents et 10 % sur un ETF obligataire pour lisser la volatilité. Cette stratégie permet d'ajuster le risque selon votre horizon de placement. Attention toutefois à ne pas multiplier les lignes qui se chevaucheraient. Exemple : un ETF S&P 500 est déjà largement contenu dans le MSCI World.

Adoptez une approche d'investissement programmé : investissez un montant fixe chaque mois, quelles que soient les fluctuations. Cette méthode réduit l'impact de la volatilité et évite de céder à l'émotion. Suivez le rendement de votre portefeuille une à deux fois par an (pas plus), rééquilibrez si nécessaire pour maintenir votre allocation cible.

A noter : sur un horizon de 10 à 15 ans, il s'agit de lisser les risques donc résistez à la tentation de réagir à chaque soubresaut du marché.

Quelle plateforme ou application pour investir dans les ETF ?

En pratique, en France on passe presque toujours par une enveloppe  : Plan épargne en actions (PEA), compte titres ou encore via son assurance-vie sous forme d’unités de compte (UC). Les banques proposent un accompagnement ce qui a bien sûr un coût. Les courtiers en ligne offrent des tarifs compétitifs et des catalogues d'ETF intéressants à condition d'être un investisseur autonome.

Avant de choisir votre plateforme, vérifiez l'étendue du catalogue, la présence d'ETF éligibles PEA si besoin, et les frais annexes. Faites également attention à la :

  • solidité financière de la plateforme sur laquelle vous passez vos transactions
  • sécurisation qu’elles proposent pour vos avoirs financiers.

ETF : Passer son premier ordre pas à pas

Avant d’investir, évaluez vos connaissances et expérience des instruments financiers en complétant un formulaire dédié. Vous pouvez le réaliser ou le mettre à jour au sein de votre espace client ou avec votre conseiller bancaire.

  1. Ouvrez d'abord le compte adapté à votre stratégie : PEA pour une fiscalité allégée sur le long terme, compte titres ordinaire pour une liberté totale. Une fois le compte actif, connectez-vous à l'espace de trading de votre plateforme ou votre espace client sur l'application ou le site de votre banque (partie Bourse). 
  2. Saisissez le code ISIN de l'ETF choisi dans la barre de recherche pour afficher son carnet d'ordres.
  3. Indiquez le nombre de parts que vous souhaitez acheter et choisissez le type d'ordre. L'ordre « au marché » exécute immédiatement au meilleur prix disponible, tandis que l'ordre « à cours limité » fixe un prix maximal.

Pour démarrer en tant que débutant, un ETF répliquant l'indice MSCI World peut constituer une base solide et bien diversifiée. Cet indice couvre environ 1 400 entreprises dans 23 pays développés, soit 85 % de la capitalisation boursière mondiale.

Comprendre les frais annexes et droits de garde

Au-delà des frais de gestion intégrés à l'ETF, trois coûts peuvent grever votre investissement. Comparez ces trois postes avant de vous engager : 

  • La commission de courtage se paie à chaque achat ou vente ;  de quelques euros fixes chez les courtiers en ligne jusqu'à 0,5 % du montant chez certaines banques traditionnelles.
  • Le spread, c'est-à-dire l'écart entre le prix d'achat et de vente affiché dans le carnet d'ordres, constitue un coût indirect. 
  • Les droits de garde facturent la conservation annuelle de vos titres.

Quelle enveloppe pour investir dans les ETF ?

Investir dans les ETF via un PEA, plus intéressant fiscalement

Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) constitue l'enveloppe la plus avantageuse fiscalement pour les ETF éligibles. Et c'est le plus simple pour démarrer en France.

Pour être accepté dans un PEA, un ETF doit être investi à au moins 75 % en actions européennes. Grâce à la réplication synthétique, certains trackers suivant des indices mondiaux (MSCI World, S&P 500) sont également éligibles.

Le plafond des versements est fixé à 150 000 €.

Après 5 ans de détention, vos gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Attention : tout retrait avant cinq ans entraîne la clôture du plan.

Compte titres ordinaire et ETF pour une flexibilité maximale

Le compte titres ordinaire (CTO) offre une liberté totale : aucun plafond de versement, accès à tous les ETF du monde entier (non éligibles au PEA) : monde, USA, émergents, thématiques, obligations, etc. Le CTO est donc utile pour compléter vos placements.

Revers de la médaille : la fiscalité ETF y est plus lourde. Vos gains (dividendes et plus-values) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 -31,4 % (IR + prélèvements sociaux) dès le 1er euro. Les dividendes d'ETF étrangers peuvent subir une retenue à la source dans le pays d'origine, partiellement récupérable via un crédit d'impôt.

Assurance-vie : ETF en unités de compte

L'assurance-vie permet d'intégrer des ETF sous forme d'unités de compte, aux côtés du fonds en euros sécurisé. L'avantage majeur réside dans la fiscalité allégée après 8 ans (abattement sur les gains et un prélèvement réduit et des prélèvements sociaux) et aussi dans la transmission du patrimoine en cas de décès.

Tous les ETF ne sont pas disponibles : chaque contrat propose sa propre liste d'unités de compte. L'assurance-vie convient particulièrement aux horizons de placement longs et à la transmission de patrimoine. 

Fiscalité des gains ETF : impôt et prélèvements sociaux

Lorsque vous vendez vos parts d'ETF avec une plus-value ou que vous percevez des dividendes, ces gains sont soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Par défaut, le fisc applique la flat tax (prélèvement forfaitaire unique, ou PFU) à un taux global de 31,4 % depuis 2026 : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

Vous pouvez toutefois opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu lors de votre déclaration si cela s'avère plus avantageux selon votre tranche marginale. Dans ce cas, les prélèvements sociaux restent dus à 18,6 %.

Chaque année, votre établissement vous transmet un imprimé fiscal unique (IFU) récapitulant vos revenus de capitaux mobiliers. Vous reporterez alors vos plus-values (case 2TS) et vos dividendes (case 2TR) sur votre déclaration d'impôt sur le revenu.

A savoir : les moins-values sont reportables sur les plus-values de même nature réalisées au cours des 10 années suivantes, ce qui permet d'alléger les impôts. Si les ETF sont logés dans un PEA ou une assurance-vie, les gains réalisés sont soumis aux règles fiscales de ces placements.

Questions fréquentes sur l'investissement dans les ETF

C'est quoi un ETF défense ?

Un ETF défense regroupe des actions d'entreprises spécialisées dans l'armement, la cybersécurité, l'aérospatiale et les technologies militaires. Ces fonds thématiques vous exposent à des géants comme Thales, Rheinmetall ou Lockheed Martin. Le secteur bénéficie de commandes gouvernementales stables, mais reste sensible aux tensions géopolitiques. Depuis 2022, ces ETF attirent davantage d'investisseurs avec le réarmement européen.

Comment acheter un ETF S&P 500 ?

Ouvrez un compte auprès d'un courtier en ligne ou d'une banque, recherchez l'ISIN de l'ETF S&P 500 souhaité dans la liste disponible, puis passez un ordre d'achat en précisant le nombre de parts et le type d'ordre (au marché ou à cours limité) pendant les heures d'ouverture de la Bourse.

Quels ETF choisir pour un PEA ?

Seuls les ETF investis à au moins 75 % dans des actions de sociétés européennes peuvent intégrer un PEA. Vérifiez systématiquement la mention « éligible PEA » dans la fiche du produit avant d'investir, car les trackers sur indices américains ou émergents restent réservés au compte-titres ordinaire.

Quels sont les ETF les plus rentables ?

La rentabilité des ETF dépend largement de leur exposition géographique et sectorielle. Historiquement, les trackers répliquant le S&P 500 américain affichent des performances solides sur le long terme, avec une moyenne annuelle proche de 10% sur 20 ans. Les ETF technologiques, notamment ceux suivant le Nasdaq 100, ont également brillé ces dernières années. Les performances passées ne présage pas des futures. Votre profil d'investisseur reste déterminant dans votre choix. Un tracker monde diversifié comme le MSCI World limite les risques tout en captant la croissance mondiale. 

En complément de l'article "Investir dans les ETF : mode d'emploi pour débutant" :

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