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Différents régimes

Profession libérale réglementée : quel statut juridique et mode d'exercice choisir ?

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En nom propre ou en société, plusieurs options sont possibles pour exercer une activité libérale. Le choix dépend de votre situation et de votre projet professionnel. Voici les grandes options à connaître.

En bref sur le statut juridique d'une profession libérale réglementée

  • Plusieurs formes juridiques sont possibles :
    • entrepreneur individuel (EI) pour démarrer simplement, avec possibilité d'opter pour le régime fiscal micro-BNC pour un chiffre d'affaires limité ;
    • société civile professionnelle (SCP) pour s'associer entre professionnels réglementés ;
    • société d'exercice libéral (SEL) pour bénéficier d'une responsabilité limitée (modèle de société dédiée aux professions libérales.
  • Des situations de cumul et de changement sont possibles : vous pouvez exercer en tant que libéral retraité, cumuler avec une activité salariée, ou passer d'un statut juridique à un autre selon l'évolution de votre projet.
  • L'accompagnement est vivement recommandé : expert-comptable, ordres et syndicats professionnels, réseaux professionnels...

Qu'est-ce qu'une profession libérale réglementée ? Définition

Une profession libérale correspond à une activité indépendante, fondée sur des compétences intellectuelles, techniques ou de soins. Elle se distingue des activités commerciales, artisanales, agricoles et industrielles, notamment par la responsabilité personnelle du professionnel et, dans certains cas, par le respect de règles déontologiques.

Il existe deux types de profession libérales : 

  • Les professions libérales réglementées : leur exercice est encadré par la loi (diplôme, inscription à un ordre, règles strictes). Elles relèvent aujourd’hui de trois grands domaines : professions de santé, juridiques et techniques.
  • Les professions libérales non réglementées désignent une activité exercée de manière indépendante, sans cadre légal strict imposant diplôme ou inscription à un ordre.
    Elle repose surtout sur des compétences ou un savoir-faire, comme consultant, formateur ou coach.

1. Les statuts juridiques pour exercer une activité libérale réglementée

Exercer en nom propre : l’entrepreneur individuel (EI), la solution la plus simple pour démarrer seul

Si vous envisagez de vous lancer seul, l’entrepreneur individuel (EI) constitue souvent l’option la plus accessible. Vous exercez en votre nom propre, sans créer de structure distincte, ce qui allège les démarches et facilite la gestion au quotidien. Ce cadre vous permet de démarrer rapidement, avec une organisation simple et lisible.

En revanche, l’EI offre moins de possibilités pour structurer un développement, s’associer ou optimiser sa rémunération. Elle constitue donc une excellente solution pour démarrer, mais peut montrer ses limites si votre projet évolue vers une stratégie de croissance, de partenariat ou de transmission.

La Société Civile Professionnelle (SCP) : l’union entre confrères

La Société Civile Professionnelle (SCP) permet à au moins deux membres d'une même profession de s'associer pour exercer leur activité en commun. Ce cadre collectif facilite la mutualisation des moyens, des honoraires et de la clientèle.

Le capital social est libre (dès 1 €) et peut inclure des apports en numéraire ou en nature (matériel, clientèle). Si la SCP offre une grande liberté d'organisation, elle comporte une contrepartie de taille : la responsabilité des associés est solidaire en cas de dettes sociales non couvertes par la structure.

Les points clés de la SCP :

  • Exclusivité : un associé ne peut généralement être membre que d'une seule SCP.
  • Fiscalité : soumise par défaut à l'impôt sur le revenu (transparence fiscale), avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés.
  • Usage : privilégiée pour les structures traditionnelles souhaitant une mise en commun totale de l'activité.

La Société d’Exercice Libéral (SEL) : un cadre protecteur et évolutif

La Société d’Exercice Libéral (SEL) est le modèle de référence pour structurer un cabinet en croissance. Calquée sur les sociétés commerciales, elle permet de limiter la responsabilité des associés à leurs apports, protégeant ainsi leurs biens personnels.

Elle se décline en plusieurs formes selon vos besoins :

  • Seul : SELARLU ou SELASU.
  • À plusieurs : SELARL (proche de la SARL) ou SELAS (proche de la SAS).
  • Structures importantes : SELAFA (forme anonyme) ou SELCA (commandite par actions).

La SEL permet d'attirer des investisseurs et offre une gestion plus souple des revenus, notamment via l'imposition à l'impôt sur les sociétés (IS).

La SPFPL : la holding au service de votre patrimoine professionnel

La Société de Participations Financières de Professions Libérales (SPFPL) agit comme une holding. Son rôle n'est pas d'exercer la profession, mais de détenir des parts dans une ou plusieurs SEL.

En clair, elle permet de 

  • détenir des parts dans des cabinets en SEL
  • regrouper plusieurs structures libérales
  • optimliser la fiscalité.

À noter : la création d'une SPFPL est soumise à l'agrément ou à l'inscription auprès de votre ordre professionnel, garantissant le contrôle de l'activité par les professionnels en exercice.

Comment choisir entre EI, SCP ou SEL ?

Il n’existe pas de statut idéal en soi : le bon choix dépend de votre projet, de votre mode d’exercice et de vos perspectives d’évolution.

Si vous exercez seul, l’entreprise individuelle (EI) offre une solution simple et rapide. Une SEL unipersonnelle peut être envisagée si vous recherchez un cadre plus structuré.

Si vous vous associez, les sociétés comme la SCP ou la SEL sont à privilégier, car elles facilitent le travail à plusieurs et offrent un cadre juridique plus organisé.

Côté fonctionnement, l’EI séduit par sa simplicité et sa gestion allégée, mais reste moins flexible pour optimiser fiscalité et protection sociale. À l’inverse, les sociétés (SCP, SEL) offrent une meilleure protection du patrimoine personnel et plus de possibilités d’organisation, au prix de formalités plus lourdes et d’une gestion plus exigeante.

Enfin, votre choix doit aussi tenir compte de :

  • votre chiffre d’affaires prévisionnel
  • vos charges professionnelles
  • votre besoin de simplicité ou de structuration
  • règles propres à votre profession libérale (certaines formes ne sont pas toujours autorisées)

👉 En pratique, le bon statut est celui qui correspond le mieux à votre situation actuelle… tout en restant cohérent avec vos ambitions de développement.

Tableau comparatif des principales formes juridiques

Forme juridiqueNombre d'associésResponsabilitéRégime fiscal de basePossibilité d'opter pour l'IS
EI1 (seul)Illimitée (selon régime)IR (BNC)Oui
SCP2 minimumSolidaire et illimitéeIR (transparence fiscale)Oui
SEL (SELARL, SELAS…)1 ou plusieurs selon formeLimitée au capital socialISNon (IS obligatoire)

Qui peut vous aider à choisir le meilleur statut ?

Face à la diversité des statuts juridiques et des régimes applicables, il est recommandé de vous faire accompagner pour choisir la forme la plus adaptée à votre situation.

  • L'expert-comptable constitue un interlocuteur privilégié. Il peut analyser vos prévisions de chiffre d'affaires, vos charges prévisionnelles et votre situation personnelle pour vous orienter vers le statut et le régime fiscal le plus pertinent sur le plan financier. Son rôle dépasse la simple tenue comptable : il devient un véritable partenaire dans la construction de votre projet professionnel.
  • L'ordre professionnel et les syndicats professionnels : ces organismes connaissent parfaitement les spécificités de votre métier et les contraintes liées aux décrets qui encadrent votre activité. Ils peuvent vous informer sur les formes juridiques autorisées et les démarches d'inscription obligatoires.
  • Les réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre : ces structures offrent des formations, des conseils personnalisés et un suivi dans la durée, parfois gratuitement.

2. Les modalités d'exercice : associations ou groupements

Si vous souhaitez limiter les coûts de démarrage, tester votre activité ou travailler en réseau avec d'autres professionnels des formules spécifiques d'association ou de groupement existent

Le contrat d’exercice à frais communs : vous partagez les coûts pas votre activité

Vous vous regroupez avec d’autres professionnels uniquement pour réduire vos coûts de fonctionnement :

  • partage du local, du matériel ou du secrétariat
  • répartition des dépenses courantes (loyer, électricité, abonnements…)

En revanche, votre activité reste totalement indépendante :

  • chacun conserve sa propre clientèle
  • chacun facture ses honoraires
  • aucun partage de revenus n’est prévu

Logique : vous réalisez des économies au quotidien, tout en gardant une liberté totale dans votre organisation et votre activité.

Exemple : vous partagez un cabinet avec un autre professionnel ; vous divisez les charges, mais chacun gère ses patients, son planning et ses revenus en toute autonomie.

Concrètement, vous mettez en place une organisation pratique et économique, sans mélanger vos activités. Ce fonctionnement est généralement formalisé par une convention, parfois via une SCM (société civile de moyens).

Le contrat de collaboration libérale : vous exercez dans le cabinet de quelqu'un

Vous travaillez aux côtés d’un professionnel déjà installé, en vous appuyant sur son environnement, ce qui vous permet de :

  • utiliser ses locaux et son organisation
  • bénéficier de ses moyens (matériel, secrétariat…)

Vous restez néanmoins entièrement indépendant :

  • aucun lien de subordination
  • vous gérez votre activité au quotidien
  • vous pouvez développer progressivement votre propre clientèle

En contrepartie, vous versez généralement une redevance pour l’utilisation des moyens mis à votre disposition.

Logique : vous lancez votre activité plus facilement, en vous appuyant sur une structure existante tout en conservant votre autonomie.

Exemple : jeune avocat ou infirmier, vous rejoignez un cabinet pour démarrer, développer votre clientèle et gagner en expérience, tout en exerçant en toute indépendance.

A noter : les officiers publics (notaires, commissaires de justice) sont soumis à des règles spécifiques et ne peuvent pas toujours opter pour la collaboration libérale. Rapprochez-vous de votre ordre professionnel pour en savoir plus.

La convention d’exercice conjoint : vous exercez réellement ensemble

Vous allez plus loin en organisant une activité commune avec d’autres professionnels, ce qui vous permet de :

  • coordonner votre organisation (planning, fonctionnement…)
  • partager certains dossiers ou patients
  • les recettes peuvent être réparties entre vous selon des règles définies à l’avance

Juridiquement, chacun reste indépendant, mais dans la pratique, votre activité est menée collectivement.

Logique : vous travaillez en équipe au quotidien, sans créer de société, avec une organisation et une activité réellement partagées.

Exemple : vous exercez dans un cabinet médical avec plusieurs praticiens ; les patients sont suivis conjointement et l’activité est organisée en commun, avec une répartition des recettes entre les professionnels.

Tableau comparatif entre les différents modes d'exercice

CritèresExercice à frais communsCollaboration libéraleExercice conjoint
Objectif principalPartager des moyens et des chargesExercer auprès d’un professionnel installéExercer ensemble une activité
Relation entre les partiesIndépendants sans lien hiérarchiqueRelation contractuelle (titulaire / collaborateur)Relation entre professionnels d’égal à égal
Organisation du travailChacun exerce séparémentOrganisation pilotée par le titulaireOrganisation commune
ClientèleStrictement personnellePersonnelle + parfois celle du cabinetSouvent partagée ou mise en commun
Honoraires / revenusChacun facture et conserve ses honorairesReversement d’une redevance au titulairePossible partage des recettes
Mise en communMoyens matériels uniquement (locaux, charges…)Moyens + cadre d’exercice du titulaireMoyens + activité professionnelle
Exemple typiquePartage de cabinet entre professionnelsJeune professionnel intégré dans un cabinetCabinet organisé avec activité commune sans société

En résumé :

  • Exercice à frais communs → vous partagez les coûts
  • Collaboration libérale → vous travaillez chez quelqu'un
  • Exercice conjoint → vous exercez ensemble

Attention : ces modes d’exercice (frais communs, collaboration, exercice conjoint) ne déterminent pas votre statut juridique. Vous devez toujours, pour exercer, choisir entre devenir entrepreneur individuel ou créer une société.

La Société civile de moyens (SCM) : l'outil juridique pour gérer les moyens en commun

La SCM (Société civile de moyens) sert uniquement à partager les frais et les moyens entre professionnels. Vous ne pouvez pas exercer votre activité en créant seulement une SCM.

Pour exercer votre activité, vous devez choisir un statut juridique (SEL, SCP ou en entrepreneur individuel).

La SCM est souvent utilisée dans un exercice à frais communs. Elle va alors prendre en charge :

  • le local
  • le matériel
  • le secrétariat
  • les charges communes

Et refacturer ces coûts à votre SEL par exemple.

La SEL/EI/SCP = vous donne un statut juridique pour exercer votre activité professionnelle
La SCM = outil juridique qui vous permet de partager les moyens avec d'autres professionnels

Vous restez indépendant, mais vous mutualisez les coûts pour faire des économies.

3. Peut-on cumuler une activité libérale en étant retraité ou salarié ?

Le professionnel libéral retraité

Vous pouvez poursuivre ou reprendre une activité libérale tout en percevant votre pension. Ce dispositif, appelé cumul emploi-retraite, se décline en deux formes :

  • Le cumul intégral (sans plafond) est possible si vous avez liquidé toutes vos retraites de base et complémentaires, atteint l'âge légal de départ et réuni le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. 
  • Le cumul plafonné : vos revenus d'activité ne devront pas dépasser un certain seuil annuel, variable selon votre régime de retraite (CNAVPL, CNAV ou zones spécifiques). En cas de dépassement, votre pension pourra être réduite.

Le professionnel libéral salarié

Vous exercez une activité libérale en parallèle d'un emploi salarié. Cette situation nécessite une vigilance particulière : vérifiez votre contrat de travail pour vous assurer qu'aucune clause de non-concurrence ou d'exclusivité ne vous interdit d'exercer une activité complémentaire.

Pensez également à informer votre employeur si votre convention collective l'exige. Sur le plan social, vous cotiserez dans les deux régimes (salarié et travailleurs indépendants), ce qui peut alourdir vos charges mais renforce aussi vos droits sociaux.

Enfin, il existe une distinction importante entre le collaborateur libéral et le salarié d'un cabinet. Le collaborateur libéral travaille en toute indépendance, sans lien de subordination, dans le cadre d'un contrat de collaboration libérale. Il relève du statut social des travailleurs indépendants. À l'inverse, un salarié exerçant une activité libérale au sein d'un cabinet reste sous contrat de travail, avec un lien de subordination et une couverture sociale salariée.

Passer de salarié à professionnel libéral et inversement

Ce changement de situation professionnelle est tout à fait possible et répond à des règles précises.

Passer de salarié à professionnel libéral : vous devez d'abord choisir la forme juridique adaptée à votre projet (entrepreneur individuel ou société selon vos besoins). Ensuite, vous devrez vous immatriculer au Registre national des entreprises (RNE) via le guichet unique des formalités des entreprises, accessible en ligne.

Cette plateforme centralise toutes les démarches de création, modification et cessation d'activité. Une fois immatriculé, vous serez affilié au régime social des travailleurs indépendants et dépendrez de l'URSSAF pour vos cotisations sociales. Si vous êtes étudiant et souhaitez créer votre activité libérale, les démarches sont identiques : le guichet unique vous accompagne dès le lancement de votre projet.

Devenir salarié après avoir exercé en libéral : vous devez cesser votre activité indépendante en effectuant une déclaration de cessation via le guichet unique et l'URSSAF. Cette démarche permet de clôturer votre immatriculation et de mettre fin à vos obligations sociales et fiscales en tant qu'indépendant. Pensez à bien régulariser vos dernières cotisations et déclarations avant de basculer vers un emploi salarié.

Dans tous les cas, il est recommandé de vous faire accompagner par un expert-comptable ou un conseiller spécialisé pour sécuriser votre transition et respecter les règles applicables aux professions libérales, qu'elles soient réglementées ou non.

Questions fréquentes sur le statut juridique de la profession libérale réglementée

Est-il possible de créer une activité libérale après mes études ?

Oui, il est tout à fait possible de créer votre activité libérale après vos études ou même pendant votre cursus si vous êtes majeur. Les démarches sont identiques à celles de tout créateur d'entreprise : vous devez effectuer votre immatriculation via le guichet unique des formalités des entreprises, choisir votre forme juridique (entrepreneur individuel ou société) et, si votre profession libérale est réglementée, vous inscrire auprès de l'ordre ou de la chambre compétente.

Le statut juridique (EI, SEL…) influence-t-il mes démarches auprès de l’Urssaf en profession libérale réglementée ?

Oui, le statut juridique influence vos démarches auprès de l’Urssaf : en EI, vous cotisez directement en tant que travailleur indépendant, tandis qu’en SEL, tout dépend de votre statut (gérant ou assimilé salarié), ce qui modifie le régime social et les modalités de déclaration.

Quelle est la différence entre indépendant et profession libérale ?

Etre indépendant signifie travailler à son compte, sans employeur, quel que soit le secteur (commerce, artisanat, agriculture ou libéral). La profession libérale est un cas particulier d’indépendant, exercé dans des activités intellectuelles, de conseil ou de soins (médecin, avocat, consultant…).

Quel est le meilleur statut pour une profession libérale ?

Il n’existe pas de “meilleur” statut unique : tout dépend de votre activité, de votre niveau de revenus et de votre besoin de protection sociale. En pratique, beaucoup démarrent en entrepreneur individuel (micro ou réel) pour la simplicité, puis évoluent vers une société (SEL, SASU…) si l’activité se développe.

Changement : comment passer d'indépendant à salarié ?

Vous pouvez devenir salarié simplement en signant un contrat de travail (CDI, CDD…). Ensuite, vous choisissez soit de conserver votre activité en complément, soit de l’arrêter en déclarant sa cessation auprès du guichet unique, puis en effectuant vos dernières démarches (cotisations, impôts).

Quelle fiscalité s’applique quand on travaille en libéral ?

Tout dépend de votre statut, un entrepreneur individuel, vos revenus sont en général imposés à l’impôt sur le revenu. En société, vous pouvez être imposé soit à l’impôt sur le revenu, soit à l’impôt sur les sociétés, avec des règles différentes selon la structure choisie.

En complément de l'article "Profession libérale réglementée : quel statut juridique choisir ?"

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