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Fiscalité du PEA : impôts, retraits et exonérations

Le plan d'épargne en actions (PEA) offre une fiscalité avantageuse pour investir en bourse, mais les règles varient selon la durée de détention et le type de retrait. Vous ne payez pas d'impôts sur vos dividendes et plus-values tant que vous laissez vos gains dans le plan. Après 5 ans, les retraits bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu, bien que les prélèvements sociaux restent dus. Cet article vous explique comment fonctionne la fiscalité du PEA, les avantages selon la durée, et les cas de retrait avant et après 5 ans.

Le PEA : fonctionnement du plan d'épargne en actions

Le plan d'épargne en actions (PEA) est un dispositif d'épargne qui permet d'investir en bourse tout en bénéficiant d'une enveloppe fiscale avantageuse. Vous ouvrez un compte auprès d'une banque ou d'une compagnie d'assurance, et vous y déposez de l'argent pour acheter des titres financiers. Les gains réalisés (dividendes et plus-values) ne sont pas imposés tant qu'ils restent investis dans le plan.

Ouvrir un PEA : conditions et versements

Pour ouvrir un PEA, vous devez être domicilié fiscalement en France. Chaque personne ne peut détenir qu'un seul PEA. L'ouverture du PEA se concrétise par le premier versement, qui marque la date de départ du plan. Il n'existe pas de montant minimum imposé, ni d'obligation de versements réguliers. Vous alimentez votre compte à votre rythme, en fonction de vos capacités d'épargne.

Investir en bourse via le PEA : plafond et titres éligibles

Le plafond de versements est fixé à 150 000 € pour un PEA classique (20 000 € pour un PEA jeunes). Ce montant correspond aux sommes versées depuis l'ouverture, hors gains. Vous pouvez y investir dans des actions françaises et européennes, des parts de SARL, des certificats d'investissement, ou encore des OPCVM et ETF éligibles (investis à au moins 75 % en titres européens).

Quels sont les avantages fiscaux du PEA ?

Le PEA offre des atouts fiscaux qui le distinguent nettement des autres placements boursiers.
Le principal avantage réside dans l'absence totale d'imposition sur les dividendes et les plus-values tant que vous ne retirez rien de votre plan. Vous pouvez acheter et vendre des titres autant que vous le souhaitez à l'intérieur de cette enveloppe sans déclencher d'impôt sur le revenu.

Au-delà de 5 années de détention, les gains retirés du PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus (18,6 % depuis le 1er janvier 2026). Cette exonération devient définitive une fois ce seuil franchi, ce qui représente un avantage considérable par rapport à la fiscalité classique des placements financiers.

Autre atout : vous pouvez choisir de sortir votre épargne en capital ou opter pour une rente viagère après 5 ans, sans clôturer le plan en cas de retrait partiel.

Fiscalité du PEA avant 5 ans : flat tax et taux d'imposition

Comment est calculée l'imposition en cas de retrait anticipé ?

Si vous effectuez un retrait avant 5 ans, votre PEA sera en principe clôturé et vos gains seront imposés. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, s'applique alors automatiquement. Depuis janvier 2026, ce taux global s'élève à 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS).

Vous avez toutefois la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si celui-ci s'avère plus avantageux selon votre situation fiscale. Dans ce cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Cette option se choisit lors de votre déclaration de revenus annuelle.

Quels cas permettent un retrait sans clôture avant 5 ans ?

Certaines situations exceptionnelles vous autorisent à effectuer un retrait anticipé sans que votre PEA soit clôturé :

  • Licenciement du titulaire, de son conjoint ou partenaire de PACS
  • Invalidité (deuxième ou troisième catégorie)
  • Mise à la retraite anticipée
  • Création ou reprise d'une entreprise (le retrait doit être affecté à ce projet)

Dans ces cas, vos gains restent exonérés d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux demeurent applicables. Notez qu'après un premier retrait, vous ne pourrez plus effectuer de nouveaux versements sur votre PEA.

CritèreAvant 5 ansAprès 5 ans
Imposition des gainsPFU à 31,4 % (ou barème progressif)Exonération d'impôt sur le revenu
Prélèvements sociaux18,6 %18,6 %
Clôture du PEAOui (sauf exceptions)Non (retraits partiels possibles)

Retrait du PEA après 5 ans : exonération et durée de détention

Les retraits après 5 ans sont-ils imposables ?

Passé le cap des 5 ans de détention, les retraits sur votre PEA bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains. Autrement dit, vous ne payez pas d'impôt sur les dividendes et plus-values réalisés depuis l'ouverture du plan. Toutefois, cette exonération ne vous dispense pas des prélèvements sociaux, qui restent dus au taux en vigueur (18,6 % en 2026) sur la fraction des gains correspondant aux sommes retirées.

Retraits partiels et rente viagère : quelle souplesse ?

Depuis la loi Pacte de 2019, les règles ont été assouplies.
Un retrait partiel après 5 ans n'entraîne plus la clôture du PEA et il est même possible d'effectuer de nouveaux versements par la suite, dans la limite du plafond autorisé. Vous conservez ainsi votre enveloppe fiscale et profitez d'une plus grande souplesse dans la gestion de votre épargne.

À noter : Le PEA offre également une option de sortie en rente viagère exonérée d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux s'appliquent). Cette possibilité peut être intéressante dans le cadre de la préparation financière de votre mise à la retraite, pour vous assurer des revenus réguliers à vie.

Dividendes, plus-values et prélèvements sociaux sur le PEA

Quand payer les prélèvements sociaux sur un PEA ?

Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sont dus uniquement au moment du retrait ou de la clôture du PEA. Tant qu'aucun retrait n'est effectué, les dividendes et plus-values ne supportent aucune taxation et peuvent être réinvestis librement dans le plan. Depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux s'élève à 18,6 %, suite à la hausse de la CSG qui est passée à 10,6 %. Ce taux s'applique sur l'ensemble des gains réalisés depuis l'ouverture du PEA, quelle que soit l'ancienneté du plan.

Comment sont imposées les plus-values du PEA ?

Les dividendes et plus-values générés dans le PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu tant qu'ils restent investis dans le plan. Après 5 ans, cette exonération d'impôt sur le revenu est maintenue lors des retraits partiels ou totaux. Seuls les prélèvements sociaux restent dus. Une règle particulière s'applique pour les titres non cotés. Leurs revenus sont exonérés chaque année dans la limite de 10 % du montant de ces placements (valeur d'acquisition). Au-delà, ils sont soumis à un impôt de 12,8 % en plus des prélèvements sociaux.

Fiscalité du PEA en cas de décès du titulaire ou de clôture

En cas de décès du titulaire, le PEA est automatiquement clôturé.
Les gains réalisés depuis l'ouverture du PEA jusqu'au décès sont exonérés d'impôt sur le revenu, quel que soit l'âge du plan. Seuls les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % restent dus sur ces gains. Ces prélèvements peuvent toutefois être déduits de l'actif successoral, réduisant ainsi les droits de succession.

Les titres détenus dans le PEA sont transférés sur un compte-titres ordinaire au nom de la succession.
Ils perdent alors leur immunité fiscale et relèvent désormais du régime classique des comptes-titres. Les liquidités présentes sur le compte espèces du PEA sont virées sur le compte courant du défunt. L'ensemble sera ensuite transmis aux héritiers lors du règlement de la succession.

À noter : en cas de transfert de PEA vers un autre établissement ou de changement de résidence fiscale hors de France, le plan peut être maintenu sans constituer une clôture ni un retrait sous certaines conditions.

PEA classique, PEA-PME-ETI et PEA assurance : quelles différences fiscales ?

Fiscalité du PEA-PME-ETI et du PEA jeunes

Le PEA-PME-ETI permet d’investir spécifiquement dans les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI) européennes. Son plafond de versement est fixé à 225 000 €, contre 150 000 € pour le PEA classique. Il peut être cumulé avec un PEA classique. Le total des versements sur les deux plans ne peut pas dépasser 225 000 €. 150 000 € maximum sur le PEA classique, indépendamment de la valeur du PEA atteinte grâce aux performances réalisées.

Sur le plan fiscal, le PEA-PME-ETI  obéit exactement aux mêmes règles que le PEA classique. Il bénéficie de la même exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans. Idem, les mêmes prélèvements sociaux, et les mêmes conséquences en cas de retrait avant 5 ans, quelle que soit la valeur du PEA au moment du retrait.

Le PEA-PME-ETI  constitue ainsi un complément du PEA classique pour les investisseurs acceptant un niveau de risque plus élevé, tout en maîtrisant le montant de ces placements sur le long terme.

Le PEA jeunes s’adresse aux personnes âgées de 18 à 25 ans rattachées au foyer fiscal de leurs parents. Son plafond de versement est limité à 20 000 €. Là encore, la fiscalité est strictement identique à celle d’un PEA classique.

L’intérêt du PEA jeunes est de prendre date tôt. Il permet de bénéficier plus rapidement des avantages fiscaux, tout en encadrant le montant de ces placements durant les premières années d’investissement.

PEA ou assurance vie : quelle fiscalité choisir ?

Il existe deux formes de PEA classique : le PEA bancaire et le PEA assurance.
Le PEA assurance est souscrit auprès d’une compagnie d’assurance, sous la forme d’un contrat de capitalisation en unités de compte, et non d’un compte‑titres détenu en direct.

Sur le plan fiscal, le PEA assurance bénéficie exactement des mêmes avantages que le PEA bancaire.
Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restant dus au taux en vigueur au moment du retrait, sans impact du montant de ces placements initiaux sur le régime fiscal applicable.

Le PEA assurance peut convenir aux épargnants qui privilégient une gestion plus encadrée. Notamment lorsque la valeur du PEA devient significative et nécessite un suivi plus structuré.

À la différence du PEA, l’assurance‑vie atteint son optimum fiscal après 8 ans, avec un abattement annuel sur les gains retirés (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Elle permet également d’investir sur une plus grande diversité de supports. Notamment des fonds en euros, et offre des avantages successoraux importants, indépendamment de la valeur du PEA ou du montant de ces placements réalisés dans une autre enveloppe.

En pratique, le PEA (bancaire ou PEA assurance) et l’assurance‑vie ne sont pas concurrents mais complémentaires, chacun répondant à des objectifs distincts selon l’horizon d’investissement, le niveau de risque accepté et la gestion du patrimoine global.

Questions fréquentes sur la fiscalité du PEA

Comment déclarer un PEA aux impôts ?

Bonne nouvelle : votre banque transmet automatiquement les informations fiscales nécessaires à l'administration (via le formulaire IFU). Ces données apparaissent ensuite sur votre déclaration de revenus préremplie. Pensez simplement à vérifier que les montants affichés sont corrects, notamment en cas de retrait ou de versement durant l'année.

Quelle est la différence de fiscalité entre un compte-titres et un PEA ?

La différence est importante. Sur un compte-titres, chaque plus-value réalisée est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (impôt et prélèvements sociaux), dès la vente des titres. Le PEA, lui, offre une fiscalité progressive. Après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux restent dus à 18,6 %). Avant 5 ans, les retraits sont imposés à 12,8 % plus les prélèvements sociaux. Par exemple : un retrait de 10 000 € de gains. Après 5 ans vous coûtera environ 1 860 € de prélèvements sociaux, contre 3 000 € sur un compte-titres.

Que se passe-t-il en cas de moins-value sur un PEA ?

Si vous clôturez votre PEA avec une moins-value globale (la valeur totale du plan est inférieure au montant de vos versements), cette perte peut être imputée sur vos plus-values de valeurs mobilières de même nature réalisées la même année ou au cours des dix années suivantes. On parle alors de moins-value globale du PEA, calculée lors de la clôture définitive du plan.

Cette règle s'applique quel que soit l'âge du PEA.
Attention toutefois : seule la clôture totale du plan permet cette imputation. Vous ne pouvez pas déduire la moins-value d'un titre vendu à l'intérieur du PEA si le plan reste ouvert.

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