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Arnaques et fraudes types

Fuite de données, piratage, vol d'IBAN : que faire ?

Free, SFR, Viamédis, France Travail, Mutuelle générale de prévoyance, ANTS, Bouygues, FICOBA ou encore récemment le site de la DGFIP, Bloctel et l'Education nationale... les exemples de fuite de données se multiplient. Les escrocs sont toujours à l'affût pour récupérer des données bancaires et personnelles en masse. L'actualité nous le rappelle régulièrement avec des cyberattaques ou piratage d'envergure avec parfois la fuite ou le vol de données de plusieurs millions de personnes. Que ce soit chez un fournisseur Internet, un opérateur téléphonique, une assurance santé, etc. faut-il s'inquiéter de ces fuites de données massives ? Comment réagir en cas de vol d'IBAN ou d'arnaque au RIB ?

Fuite de données : définition, de quelles données parle-t-on ?

Lors d'une attaque, les cybercriminels ne ciblent pas uniquement votre IBAN. Ils cherchent aussi à récupérer des données personnelles (nom, adresse, date de naissance) et, parfois, des informations sensibles comme votre numéro de sécurité sociale, des documents d'identité ou des identifiants de connexion afin d'établir un profil complet de leur victime.

Ces informations peuvent ensuite être revendues sur le dark web. En recoupant des données issues de plusieurs fuites, les fraudeurs préparent des tentatives d'hameçonnage très crédibles. Ils peuvent ainsi se faire passer pour votre banque, un organisme public ou un fournisseur de services afin de vous soutirer de l'argent ou des informations confidentielles.

À plus long terme, l'accumulation de données volées augmente le risque d'usurpation d'identité. Les informations dérobées peuvent être utilisées pour ouvrir des comptes, souscrire certains contrats ou effectuer des démarches à votre insu. Les conséquences peuvent donc durer plusieurs années.

Qui est concerné par le piratage des impôts ?

Le piratage de la DGFiP (Direction générale des Finances publiques), survenu fin juin 2026, a touché environ 678 000 particuliers et professionnels par les fuites successives et concernant les données de contribuables, les données liées au cadastre (cf. le communiqué de presse et la Foire aux questions

Les données exposées sont particulièrement sensibles : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse postale, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source, situation familiale, numéro de téléphone et adresse e-mail. Les espaces personnels sur impots.gouv.fr ne semblent pas avoir été compromis, et les mots de passe n'ont pas été volés.

La DGFiP a commencé à contacter directement chaque usager concerné à partir du 17 août 2026, par courriel ou courrier, en précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites. Si vous ne recevez rien, vous n'êtes a priori pas parmi les victimes de cette fuite.

Comment savoir si mes données personnelles ont été piratées lors des fuites récentes ? Qui contacter en cas de fuite de données ?

Pour savoir si vous êtes concerné par une fuite de données, fiez-vous d'abord à l'organisme lui-même. Toute entité (entreprise, organisme) victime d'une cyberattaque doit légalement vous informer par e-mail ou courrier si l'incident présente un risque pour vos droits. Ce message précise la nature des informations compromises (nom, adresse e-mail, IBAN) et les réflexes à adopter.

En cas de doute, vous pouvez, sans attendre et régulièrement, utiliser des outils de vérification fuite de données reconnus par exemple :

  • le site Bonjour la fuite donne la liste des fuites récentes de données avec le nombre potentiel de personnes et les données concernées, 
  • Have I Been Pwned identifie si votre courriel ou numéro de téléphone circulent dans des bases piratées,
  • Mozilla Monitor ou le gestionnaire de mots de passe de Google signalent également si vos identifiants de connexion sont sur le dark web. 

Je ne sais pas encore si mes données ont fuité... : quelles précautions ?

Face aux fuites de données massives qui se multiplient, comme la fuite de données Free ou les accès illégitimes aux fichiers de la DGFIP, vous devez redoubler de vigilance. N'attendez pas de notification officielle pour sécuriser vos comptes si vous suspectez une fuite de données personnelles ou bancaires. 

💡La réactivité est essentielle pour empêcher les criminels d'exploiter vos informations confidentielles. Voici 5 précautions essentielles :

  • Changez régulièrement vos mots de passe, en commençant par les comptes les plus sensibles (messagerie, banque, impôts, réseaux sociaux). Utilisez un mot de passe différent pour chaque service. Utilisez un gestionnaire de mot de passe sécurisé.
  • Activez la double authentification (2FA) lorsque cela est possible. Même si votre mot de passe est compromis, cette protection complique l'accès à vos comptes.
  • Redoublez de vigilance face aux messages reçus par e-mail, SMS ou téléphone. Après une fuite de données, les fraudeurs peuvent disposer d'informations personnelles leur permettant de rendre leurs tentatives d'arnaque plus crédibles.
  • Surveillez régulièrement vos comptes bancaires et vos espaces en ligne pour repérer rapidement une opération, une connexion ou une démarche inhabituelle.
  • Conservez vos documents d'identité en lieu sûr et vérifiez votre courrier. Une fuite de données peut accroître le risque d'usurpation d'identité ou d'ouverture frauduleuse de comptes.

Et si mes données ont fuité, quels sont les risques ? 

En cas de fuite d'IBAN, il existe principalement deux types de risques :

1. L'escroc se fait passer pour vous (usurpation de votre identité)

Dans ce premier cas, le fraudeur utilise vos données personnelles pour se faire passer pour le titulaire du compte, c'est-à-dire vous.
Concrètement, il peut :

  • souscrire à votre place des abonnements frauduleux en se présentant comme étant vous auprès d'entreprises (téléphonie, streaming, services en ligne, etc.)
  • mettre en place des prélèvements automatiques, à deux contritions : 1. être enregistré en tant qu’émetteur de prélèvements auprès d’un prestataire de services de paiement ; 2. en falsifiant un mandat de prélèvement à votre nom
  • bénéficier ainsi de vrais services qui seront automatiquement débités de votre compte, sans que vous en soyez immédiatement conscient

2. L'escroc se fait passer pour un créancier (usurpation de l'identité d'une entreprise)

Dans ce second cas, le fraudeur usurpe l'identité de vos créanciers légitimes ou d'organismes que vous connaissez.
Il peut vous :

  • manipuler pour vous faire réaliser des virements vers son propre compte en se faisant passer pour votre fournisseur d'électricité, votre opérateur téléphonique, ou même votre banque
  • envoyer de fausses factures avec ses coordonnées bancaires à la place de celles du vrai créancier (fraude au RIB)
  • contacter directement (par téléphone, e-mail ou SMS) en prétendant être un organisme connu pour vous inciter à effectuer un paiement

Plus un escroc détient d'informations vous concernant, plus il peut manœuvrer efficacement dans ces deux types d'arnaques. Ex : numéro de sécurité sociale, identifiants bancaires, numéro de téléphone, adresse, e-mail, etc.). Les attaques de phishing, sur le dark web ou les réseaux sociaux permettent de récupérer ces données facilement.

⚠️ Attention aux nouvelles arnaques après une fuite : la CNIL a signalé en juin 2026 des messages de personnes prétendant pouvoir « supprimer » vos données volées. Ne leur répondez pas et ne leur fournissez aucun document ou renseignement supplémentaire.

Que faire si mon IBAN a été volé ? Que faire si on utilise mon IBAN sans mon autorisation ?

En cas de vol d'IBAN, vous devez redoubler de vigilance :

  • Contactez votre banque pour l'informer de la situation, ou restez attentif à l'appel de votre banque, fournisseurs de service, etc.
  • Renforcez la surveillance de votre compte bancaire : consultez régulièrement votre compte (1 fois par semaine voire plus) sur l'application ou le site de la banque pour détecter et signaler toute opération anormale. En cas de prélèvement non autorisé, vous pouvez le contester et obtenir un remboursement.
  • Depuis votre espace client de la banque, contrôlez chaque bénéficiaire enregistré pour des virements et des prélèvements sur votre compte. Mettez à jour la liste si nécessaire.

À savoir : Les mandats de prélèvement sont conservés uniquement chez les créanciers. Cependant, la banque peut vous permettre de constituer une liste blanche de créanciers autorisés à prélever votre compte, ou encore une liste noire pour ceux qui ne peuvent pas prélever votre compte.

Que faire en cas de piratage ou fuite de données personnelles ?

Vos données personnelles détenues par une entreprise ont fuité lors d'une cyber-attaque ? Adoptez immédiatement les bonnes pratiques pour contrer les attaques des pirates.

  • Modifiez sans attendre vos mots de passe.
  • Activez la double authentification sur vos services connectés si ce n'est pas déjà fait : messagerie, administration, etc.
  • Soyez vigilant face aux tentatives, appels, mails ou SMS de personnes prétendant vous connaître. Ne partagez pas vos codes ou mots de passe et ne validez aucune opération (voir la fraude au faux conseiller bancaire). Raccrochez et contactez directement le service concerné aux coordonnées habituelles.
  • Déposez plainte auprès de la gendarmerie ou commissariat de police pour usage frauduleux de vos données et demandez de l'assistance à cybermalveillance.com si nécessaire (experts en cybersécurité). Conservez tous les documents et captures d'écran comme preuves.
  • Vous pouvez aussi contacter la CNIL si vous estimez que vos données n'ont pas été suffisamment protégées.

La réglementation impose en France que toute personne concernée par une fuite ou un vol de ses données soit notifiée. La brigade de lutte contre la cybercriminalité et la CNIL sont saisies pour enquêter.

Comment contester un prélèvement abusif ou autre opération sur mon compte ?

Vous pouvez faire opposition à un prélèvement déjà effectué.

  • En cas de prélèvement frauduleux (assurance, abonnement... que vous n'avez pas souscrit), prévenez immédiatement votre banque pour faire bloquer tout nouveau prélèvement. Vous avez un délai maximum de 13 mois pour contester toute opération non autorisée, réalisée en France, dans un pays de l’Union européenne (UE) ou de l’Espace économique européen (EEE). Mais plus c'est tôt, plus c'est facile : n'attendez pas !

Attention, pour une opération vers un pays en dehors de ces zones, vous avez 70 jours pour la contester (jusqu’à 120 jours dans certains contrats).

Si vous voyez des opérations frauduleuses ou une usurpation d’identité, déposez plainte (police ou gendarmerie) en mentionnant l’usage frauduleux de votre IBAN et de vos données.

  • Même en cas de mandat SEPA signé, vous gardez le droit de contester un prélèvement déjà passé. Vous n'avez aucun justificatif à fournir à votre banque ! Pour obtenir le remboursement, vous disposez d'un délai de 8 semaines après la date du débit.

À noter : Votre banque vous remboursera l'opération contestée. Elle pourra cependant annuler ce remboursement s'il s'avère que vous aviez en réalité autorisé la transaction.

Qui détient mon IBAN ?

Tous les créanciers qui vous offrent un service, par exemple les grands facturiers (téléphonie, électricité, etc.), détiennent l'IBAN que vous leur avez remis. Vous les payez ainsi par prélèvement automatique. C'est pratique pour tous les paiements récurrents.

Chaque fichier peut cependant être attaqué et les données récupérées. Plusieurs entreprises ont subi des cyber-attaques comme Free, SFR, Viamédis, etc. mais pas seulement.

En janvier 2026, des "accès illégitimes" au fichier national des comptes bancaires ( Ficoba ) ont permis à "un acteur malveillant" de consulter les données d' 1,2 million de comptes. Les données concernées : RIB et Iban des comptes, identité du titulaire, son adresse et, dans certains cas, identifiant fiscal de l'usager, indique le ministère de l'Economie. On y trouve également la date et le lieu de naissance du titulaire.

La réglementation oblige le teneur du fichier à révéler aussitôt la fuite de données. Autrement dit, il doit prévenir les personnes concernées afin qu'elles puissent surveiller leurs comptes et réagir rapidement.

Questions fréquentes sur le vol d'IBAN et la fuite de données

Que peut-on faire avec un IBAN volé ?

En principe, contrairement aux autres moyens de paiement, l'IBAN seul ne permet pas de débiter directement un compte. Le pirate informatique ou l'escroc doit d'abord se faire passer pour vous, (usurpation d'identité). Cette manipulation nécessite souvent des données personnelles supplémentaires comme votre nom complet, adresse ou numéro de téléphone. Autrement dit, un escroc peut falsifier un mandat de prélèvement à partir d'un IBAN et mettre en place des paiements vers son compte. Il peut aussi souscrire des abonnements et des services grâce à un Iban volé, bénéficiant ainsi de vrais services payés par la personne dont l’Iban a été volé.

Comment savoir si mon compte bancaire est piraté ?

Surveillez régulièrement vos comptes et recherchez toute transaction suspecte : achats que vous n'avez pas effectués, prélèvements d'organismes inconnus, ou montants inhabituels. Soyez attentif aux changements non autorisés de vos informations personnelles : modification de votre adresse, numéro de téléphone, ou coordonnées de contact sans votre accord. Contactez immédiatement votre banque si vous ne parvenez plus à accéder à votre compte avec vos identifiants habituels. Les alertes de sécurité répétées concernant des tentatives de connexion suspectes constituent également un signal d'alarme à ne pas négliger.

Qu'est-ce que l'IBAN et à quoi ça sert ?

L'IBAN (International Bank Account Number) est un identifiant unique de votre compte bancaire, composé de chiffres et de lettres, incluant le code banque, le code guichet et le numéro de compte. Il est ainsi indispensable pour effectuer ou recevoir des virements et des prélèvements.

Vous le retrouvez sur votre RIB depuis le site ou l'application de votre banque.

Envie d'en savoir plus sur le compte ? Testez notre module : Mon 1er compte bancaire

En complément de l'article "Piratage ou vol d'IBAN, fuite de données : comment réagir ?" :

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